Accueil » Nos actualités » L’énergie est notre avenir, électrifions-la ?

Depuis le printemps, la France a engagé une accélération de l’électrification de ses usages que conforte l’acte 2 du plan d’électrification qui vient de s’ouvrir.

L’objectif est juste : réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées, renforcer notre souveraineté et accélérer la décarbonation de notre économie.

Mais à mesure que cette ambition se traduit dans les politiques publiques, une question devient centrale : jusqu’où faut-il électrifier ?

Car l’électrification est un moyen. Elle ne peut devenir une fin en soi.

Notre électricité largement décarbonée constitue un formidable avantage. Mais elle n’est ni illimitée ni gratuite : chaque nouvel usage suppose des capacités de production, des réseaux, des infrastructures et des investissements.

La question n’est donc pas de savoir s’il faut électrifier. Il le faut. La question est de savoir où, comment et à quel rythme.

Une transition ne se décrète pas avec une technologie unique

Dans le logement individuel, une électrification très large des usages est aujourd’hui envisageable, notamment grâce aux pompes à chaleur, sous réserve que le réseau puisse accompagner cette évolution.

Dans le collectif, l’équation est déjà plus complexe. Et elle l’est davantage encore dans l’industrie, où certains procédés reposent encore sur des technologies en développement, et certains ne disposent pas aujourd’hui d’alternative électrique techniquement ou économiquement pertinente.

Vouloir électrifier ne doit pas conduire à imposer le 100 % électrique partout et immédiatement.

Car en refusant par principe les solutions hybrides, nous pourrions produire l’effet inverse de celui recherché : empêcher des projets de transition de voir le jour, faute de solution techniquement ou économiquement viable, et maintenir plus longtemps encore les installations existantes les plus carbonées.

, il existe des trajectoires intermédiaires qui permettent de commencer à décarboner dès aujourd’hui, sans s’enfermer dans le “tout électrique” sinon rien.

L’enjeu n’est donc pas de défendre une technologie plutôt qu’une autre, mais de choisir, pour chaque usage, la solution qui permet réellement d’avancer et d’économiser l’énergie.

La transition énergétique a besoin d’ambition. Elle a aussi besoin de pragmatisme.

 

Les CEE doivent rester au service de l’efficacité énergétique

Cette question devient particulièrement importante lorsqu’on parle de financement.

Ce sujet reste en effet la clef de la transition énergétique et les certificats d’économies d’énergie y jouent un rôle croissant .

Ils peuvent accompagner l’électrification de certains usages à une condition : ne pas perdre en chemin leur vocation première.

Les CEE sont particulièrement précieux lorsqu’ils permettent aux ménages, aux entreprises ou aux industriels d’investir dans des solutions qui réduisent durablement leur consommation et améliorent leur efficacité énergétique.

Chaque euro mobilisé doit conserver cette exigence : rechercher une économie d’énergie, et pas seulement financer un changement de technologie. Nous risquerions sinon de transformer progressivement un dispositif d’efficacité énergétique en simple outil de substitution d’une énergie par une autre.

Reste la responsabilité, et elle est partagée. La nôtre d’abord. Celle des entreprises qui financent et réalisent ces travaux, Sonergia parmi elles, ne doit jamais perdre de vue la finalité : faire baisser le besoin, et pas seulement changer d’énergie. Celle de l’État ensuite, dans les orientations qu’il fixe et les signaux qu’il envoie : une politique publique engage les choix de millions de ménages et d’industries pour vingt ou trente ans et a le devoir de recommander aujourd’hui ce qui devra rester valable dans le futur. .

Dans un paysage énergétique incertain, une seule voie ne comporte aucun regret : celle de la baisse des consommations. Quel que soit le prix de l’énergie demain, quelle que soit sa disponibilité, l’énergie que l’on ne consomme pas n’a jamais à être produite, importée ou payée. Engager les Français dans cette direction, c’est la seule assurance de ne pas se tromper de chemin, pour le climat comme pour leur pouvoir d’achat.

Électrifions la France, oui. Mais aidons-la d’abord à consommer moins.

Les informations fournies dans cet article sont données à titre indicatif et n’ont pas de valeur réglementaire ou contractuelle.

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