Le financement de la rénovation énergétique continue de se recomposer. Après un premier recentrage de MaPrimeRénov’ par geste au 1er septembre 2026, le gouvernement a annoncé une nouvelle évolution majeure : à compter du 1er janvier 2027, les pompes à chaleur air-eau et géothermiques ne devraient plus relever du double financement MaPrimeRénov’ + CEE, mais des seuls certificats d’économies d’énergie.
Cette évolution est désormais clairement annoncée. Une incertitude demeure en revanche sur le devenir des autres monogestes encore financés par MaPrimeRénov’, alors que le projet de loi de finances pour 2027 affiche la volonté de recentrer davantage les moyens de l’Anah sur les rénovations d’ampleur.
Pour Sonergia, une clarification des dispositifs peut être utile. Mais elle devra être appréciée à l’aune de 2 critères très concrets : le niveau d’aide finalement accordé aux ménages et la capacité des professionnels à disposer d’un cadre stable et lisible dès le 1er janvier 2027.
MaPrimeRénov’ 2027 : quels sont les monogestes soutenus ?
MaPrimeRénov’ déjà recentrée
Depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ par geste a déjà connu une importante réduction de son périmètre en métropole. Les aides ont notamment été supprimées pour les chauffe-eau thermodynamiques et la plupart des équipements solaires.
À ce jour, le parcours par geste couvre donc essentiellement :
- les pompes à chaleur air-eau ;
- les pompes à chaleur géothermiques ou solarothermiques ;
- le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid ;
- la dépose d’une cuve à fioul ;
- l’audit énergétique, lorsqu’il répond aux conditions prévues par le dispositif.
Le paysage est donc déjà très différent de celui des années précédentes.
Pompes à chaleur : 100 % CEE en 2027
Pour les pompes à chaleur, la trajectoire est établie. Dans le cadre de la deuxième phase du plan d’électrification présentée le 15 octobre 2026, le gouvernement a annoncé la fin du double guichet MaPrimeRénov’ et CEE pour les PAC air-eau et géothermiques à compter du 1er janvier 2027.
L’objectif affiché est de simplifier le parcours du ménage en lui permettant de connaître son aide plus rapidement et en supprimant le délai d’instruction lié à MaPrimeRénov’. Sur le principe, cette simplification peut sembler attractive. Mais le cumul des 2 dispositifs avait aussi un atout : additionner une aide publique et un financement CEE afin de réduire le reste à charge du ménage.
Passer d’un double financement à un dispositif unique peut rendre le parcours plus lisible. Mais la simplicité ne peut pas être le seul indicateur de réussite. Le vrai sujet sera de savoir si, au 1er janvier, le ménage dispose d’un niveau d’aide suffisant pour déclencher son projet de pompe à chaleur.
Florence, responsable des affaires publiques
Cette évolution change également la donne pour les professionnels de la rénovation, qui devront disposer rapidement de règles claires pour adapter leurs offres, leurs devis et l’accompagnement des ménages.
La priorité doit être la visibilité. À quelques semaines de 2027, les ménages comme les professionnels doivent savoir précisément quelles aides seront disponibles, à quel niveau et selon quelles règles.
Florence, responsable des affaires publiques
Aides MPR 2027 : encore des incertitudes
Réseau de chaleur, cuve à fioul, audit
Une fois les pompes à chaleur sorties de MaPrimeRénov’, 3 grandes catégories de monogestes actuellement soutenues restent à surveiller :
- le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid ;
- la dépose d’une cuve à fioul ;
- l’audit énergétique.
À ce stade, leur suppression de MaPrimeRénov’ au 1er janvier 2027 n’est pas actée. Le sujet mérite néanmoins d’être suivi de près. Le projet de budget pour 2027 prévoit un recentrage des moyens de l’Anah et le gouvernement affiche plus largement sa volonté de confier aux CEE le financement des gestes prioritaires de décarbonation.
Répartition MaPrimeRénov’ / CEE
L’enjeu est désormais de savoir si cette évolution marque simplement le basculement des pompes à chaleur vers les CEE ou si elle annonce une nouvelle répartition durable des rôles entre MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie.
Clarifier les responsabilités entre MaPrimeRénov’ et les CEE peut avoir du sens. Mais cette clarification ne doit pas se traduire par une baisse du soutien disponible ni par une période d’incertitude au moment où les ménages doivent décider de leurs travaux.
Florence, responsable des affaires publiques
Le basculement des pompes à chaleur vers un financement exclusivement CEE constitue en tout cas une évolution importante : les certificats d’économies d’énergie prennent une place croissante dans le financement des gestes de rénovation énergétique, tandis que MaPrimeRénov’ semble appelée à se concentrer davantage sur les rénovations d’ampleur.
Reste désormais à connaître le sort réservé en 2027 aux derniers monogestes encore soutenus par MaPrimeRénov’ et, surtout, les niveaux d’aide qui accompagneront cette nouvelle répartition des rôles.
