Accueil » Nos conseils travaux » Comment isoler un mur humide ? Diagnostic et solutions

Comment isoler un mur humide ? Diagnostic et solutions

Condensation, moisissures, salpêtre, mauvaise odeur… ne laissez pas un mur humide compromettre votre confort et vos économies ! En présence d’humidité, il faut agir vite, mais pas avant d’avoir identifié la source du problème. Ce n’est qu’à cette unique condition que vous parviendrez à trouver le traitement adapté, et à bien isoler votre mur
Temps de lecture : 7 min
Rédigé par : N.
Optimisez vos murs et factures

Jusqu’à 25 % d’économies de chauffage

Je calcule mes primes Simulation gratuite
Dans cet article

Quelles sont les causes de l’humidité de vos murs ?

Votre problème d’humidité ne doit pas être sous-estimé. Il fragilise la structure de votre bâtiment, menace votre santé et fait grimper vos factures d’énergie. Apprenez à repérer les signes avant-coureurs, et faites appel à un professionnel pour un diagnostic précis avant de vous attaquer à l’isolation des murs.

Humidité du sol : remontées capillaires ou ascensionnelles

Vos murs présentent des traces d’humidité ? Elles pourraient provenir du sol. Les remontées capillaires, ou humidité ascensionnelle, surviennent lorsque l’eau s’infiltre dans des matériaux poreux, comme la brique ou la pierre. Pour mieux comprendre, imaginez un sucre plongé dans un café.

Ces remontées se traduisent par des taches, moisissures ou salpêtre (poudre blanche) au bas des murs, généralement entre 30 cm et 1,5 m de hauteur. Elles provoquent des cloques ou des décollements d’enduit, et peuvent engendrer des problèmes structurels graves si vous ne les traitez pas.

Humidité extérieure : infiltrations d’eau et pression hydrostatique

Empêcher l’eau d’atteindre votre intérieur est le rôle de l’enduit extérieur. Mais, avec le temps, il peut se dégrader et fissurer, laissant l’humidité pénétrer. Il en va de même pour vos joints de fenêtres et de portes, ou si votre toiture n’est plus étanche.

Dans les parties enterrées, un autre phénomène peut aggraver la situation : la pression hydrostatique. En effet, lorsque le sol est saturé d’eau, il exerce une force constante sur les murs. Si leur étanchéité n’est pas suffisante, l’eau s’infiltre alors, provoquant suintements, moisissures et dégradations rapides.

Humidité intérieure : condensation et ventilation

Vous observez de la buée sur vos fenêtres ou des taches noires dans les angles de murs ? Cela peut indiquer un problème de condensation. Ce phénomène se produit lorsque l’air chaud et humide entre en contact avec des surfaces froides. Il apparaît souvent sur un mur non isolé, en présence de ponts thermiques (zones d’isolation défaillante) ou en l’absence d’une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée).

En outre, plus les pièces sont froides et humides, plus la condensation s’intensifie. C’est pourquoi les espaces comme la salle de bain, les WC, la cuisine ou les chambres sont les plus touchés. Ces chocs thermiques favorisent l’apparition de moisissures et de dégradations mineures qui peuvent vite s’aggraver.

La condensation peut aussi se former à l’intérieur de vos murs, en raison d’un isolant thermique ou d’un enduit inadapté. Pour obtenir un diagnostic, faites intervenir un professionnel équipé d’une caméra thermique.

Adrien, référent technique rénovation

 

Comment traiter un mur humide avant isolation ?

N’isolez jamais un mur humide sans avoir traité la cause. À défaut, vous risqueriez d’amplifier le problème et d’engager des travaux plus importants. Quelles sont les solutions ? Il en existe en réalité plusieurs !

Drainage : évacuer l’eau du sol

Le drainage est une méthode efficace pour limiter l’humidité persistante d’un sol peu perméable. Cette technique vise à rediriger l’eau accumulée autour de vos murs vers un point d’évacuation, grâce à des canalisations ou des tranchées drainantes. Ce système réduit la pression hydrostatique exercée sur vos murs enterrés et prévient les infiltrations d’eau à long terme.

Cuvelage : une solution pour les murs humides enterrés

Le cuvelage permet d’imperméabiliser vos murs depuis l’intérieur, en appliquant un enduit, une résine ou une membrane d’étanchéité. Cependant, cette technique bloque aussi leur respiration. Elle n’est donc pas recommandée si votre maison est ancienne, avec des matériaux poreux, comme la pierre.

Injection de résine : bloquer les remontées capillaires

L’injection de résine hydrophobe (qui repousse l’eau) est une solution ciblée pour traiter les remontées capillaires de vos murs. La résine est injectée à leur base, formant ainsi une barrière étanche à l’eau.

Procédés électroniques : assécher votre mur humide

Les procédés électroniques, comme l’électro-osmose, repoussent l’eau présente dans vos murs vers le sol à l’aide d’impulsions électriques, inversant donc le sens des remontées capillaires. Discrète et non invasive, elle est idéale pour les bâtiments anciens où les méthodes traditionnelles sont difficiles à mettre en œuvre.

Ventilation : prévenir la condensation

Installer un système de ventilation, comme une VMC, ne résoudra pas à lui seul le problème de condensation de vos murs. Toutefois, il permettra d’assainir l’air intérieur de votre pièce, en évacuant l’excès d’humidité. Pour identifier les causes précises et les traitements adaptés, un diagnostic approfondi par un professionnel demeure donc indispensable.

 

Comment isoler un mur humide ? Matériaux et techniques

Vous avez réglé la cause de l’humidité ? Bravo, votre mur est prêt pour l’isolation thermique ! Si le diagnostic a en revanche révélé que le manque d’isolation était la source de votre problème, c’est aussi l’occasion d’y remédier. Découvrez les isolants et techniques à adopter pour des travaux efficaces et durables.

Le meilleur isolant thermique pour isoler votre mur humide

Pour isoler un mur humide, privilégiez des matériaux qui permettent à la vapeur d’eau de migrer à travers les parois. D’autre part, 3 autres caractéristiques sont à prendre en compte pour faire le bon choix d’isolant.

  1. Hygroscopique. Un matériau hygroscopique absorbe l’humidité de l’air et la restitue dans votre pièce lorsque l’air devient trop sec. Il améliore ainsi la qualité de l’air intérieur, à condition que le mur soit respirant. Exemple : fibre de bois sur un mur en pierre avec un enduit à la chaux.
  2. Capillaire. Un isolant capillaire peut transporter l’eau à travers ses pores, comme une éponge. Il permet d’évacuer l’humidité de vos murs, mais il est déconseillé en cas de remontées capillaires.
  3. Imputrescible. Un matériau imputrescible résiste à l’humidité prolongée, ce qui est indispensable pour les murs très humides ou exposés à des infiltrations régulières.
Hygroscopique Capillaire Imputrescible Usage recommandé
Liège expansé
Murs très humides, avec risques de remontées capillaires
Laine biosourcée (bois, chanvre, lin)
Murs peu humides, avec une VMC
Laine minérale (verre, roche)
Murs non humides, avec une VMC

Autres conseils :

  • associez un pare-vapeur scotché et continu à vos isolants pour éviter la condensation ;
  • en intérieur, évitez les isolants synthétiques (polystyrène, polyuréthane), trop fermés à la vapeur d’eau ;
  • en extérieur, vous pouvez utiliser tout type d’isolant, si une VMC assure l’extraction de l’humidité intérieure.

Isolation intérieure ou extérieure : quelle méthode privilégier ?

Le choix de l’isolation par l’intérieur ou par l’extérieur dépend de vos besoins, des contraintes de votre bâtiment et de votre budget.

Isolation sous bardage

Isolation des murs par l’extérieur

Isolation par doublage collé

Isolation des murs par l’intérieur

L’isolation des murs par extérieur (ITE) est très efficace pour éliminer les ponts thermiques, la condensation, et améliorer la performance énergétique de votre logement. Cependant, elle implique des travaux importants et coûteux.

2 méthodes sont possibles :

  1. l’isolation sous bardage ventilé, avec pose d’un isolant semi-rigide au sein de l’ossature ;
  2. l’isolation sous enduit, avec pose de blocs de polystyrène ou panneaux isolants rigides.
L’isolation des murs par l’intérieur (ITI) est une solution qui vous coûtera moins cher et sera plus rapide à réaliser. Mais, elle est aussi moins performante et exige une gestion plus stricte de l’humidité, avec un pare-vapeur continu.

2 principales techniques existent :

  1. l’isolation par plaques collées avec un isolant imputrescible et perméable à la vapeur d’eau ;
  2. l’isolation avec ossature bois ou métallique au sein de laquelle est glissé l’isolant.

 

Quel prix et quelles aides pour isoler votre mur humide ?

Le budget à prévoir pour l’isolation de votre mur humide dépend du traitement, des matériaux, de la méthode et de la complexité des travaux.

Pour le traitement de votre mur (pose comprise).

  • Drainage : 180 à 400 €/ml (mètre linéaire).
  • Cuvelage : 50 à 400 €/ml.
  • Injection de résine : 50 à 200 €/ml.
  • Procédés électroniques : 50 à 150 €/ml.
  • VMC simple flux : 800 à 1 500 €.

Pour une isolation intérieure, installation incluse, prévoyez entre 50 et 100 €/m², selon l’isolant (liège, laine de verre, etc.). Le prix d’une isolation par l’extérieur (ITE) se situe plutôt autour de 120 à 270 €/m², selon la technique retenue (bardage ou enduit).

Pour alléger vos dépenses, vous pouvez bénéficier d’aides financières, telles la Prime Énergie Sonergia, MaPrimeRénov’, l’éco-prêt à taux zéro, ou encore la TVA réduite à 5,5 %.

 

L’isolation d’un mur humide en bref
  • Avant d’entreprendre des travaux d’isolation, commencez par identifier la cause de l’humidité de vos murs en faisant appel à un professionnel qualifié. C’est lui qui posera le diagnostic.
  • Si votre mur a des problèmes d’humidité, réglez le problème avant d’isoler votre mur.
  • Une fois votre mur prêt à recevoir l’isolation, choisissez votre technique d’isolation et votre matériau isolant selon les spécificités de vos murs, vos attentes en matière de résultats, ainsi que votre budget. Pensez à intégrer un pare-vapeur et une VMC à votre projet.
  • Comptez entre 50 et 100 €/m² pour une ITI, entre 120 et 270 €/m² pour une ITE. Pensez aux aides financières à la rénovation pour réduire le coût de vos travaux.

Les informations fournies dans cet article sont données à titre indicatif et n'ont pas de valeur réglementaire ou contractuelle.

NicolasRédigé par : Nicolas

Ancien thermicien, Nicolas a accompagné plus de 500 projets de rénovation énergétique. Passionné, il souhaite vous partager son expertise pour vous aider à optimiser vos économies d'énergie et votre confort.

Plus de conseils pour vous aider à rénover