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Zones climatiques H1, H2, H3 : comment influencent-elles le calcul des primes CEE ?

Dans le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE), le montant d’une prime dépend de plusieurs paramètres : la nature des travaux réalisés, la performance énergétique des équipements installés ou encore la surface concernée. Mais un autre facteur joue également un rôle déterminant dans le calcul des économies d’énergie : la zone climatique H1, H2 ou H3 dans laquelle se situe le logement ou le bâtiment.

Ce découpage du territoire français permet d’adapter les calculs énergétiques aux conditions climatiques locales. Dans le cadre des fiches CEE, les zones climatiques influencent directement le volume de certificats généré et donc le montant des primes associées aux travaux d’efficacité énergétique.

Comprendre le rôle des zones climatiques H1, H2 et H3 est donc essentiel pour appréhender le fonctionnement du dispositif CEE et le calcul des économies d’énergie exprimées en kWh cumac.

 En résumé : l’impact des zones climatiques sur les primes CEE
Les zones climatiques (H1, H2, H3) influencent directement le volume de CEE généré

Plus la zone est froide, plus les économies d’énergie sont élevées

Donc :

  • H1 (climat froid) → primes plus élevées
  • H2 (climat intermédiaire) → primes standard
  • H3 (climat chaud) → primes plus faibles

Quelles sont les zones climatiques H1, H2 et H3 en France ?

Répartition des zones climatiques en France 

La France est découpée en trois grandes zones climatiques : H1, H2 et H3, qui reflètent les besoins énergétiques des bâtiments en fonction des conditions météorologiques locales.

Ce zonage est issu des réglementations thermiques applicables au bâtiment. Il est notamment défini dans l’arrêté du 28 décembre 2012 relatif aux caractéristiques thermiques et aux exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux (Règlementation Thermique 2012), dont l’annexe I distingue huit sous-zones climatiques : H1a, H1b, H1c, H2a, H2b, H2c, H2d et H3.

La Règlementation Environnementale 2020, introduite par le décret n°2021-1004 du 29 juillet 2021 et par l’arrêté du 4 août 2021 relatif aux exigences de performance énergétique et environnementale des constructions de bâtiments, reprend ce même découpage climatique dans ses méthodes de calcul énergétique.

Répartition des zones climatiques en France

Zone Type de climat Localisation
H1 Climat froid Nord, Est, zones de montagne
H2 Climat intermédiaire Centre et Ouest
H3 Climat chaud Sud, littoral méditerranéen

Ce découpage permet d’adapter les calculs énergétiques aux réalités climatiques locales et constitue aujourd’hui une référence dans plusieurs dispositifs liés à l’efficacité énergétique, dont le mécanisme des certificats d’économies d’énergie (CEE).

Origine scientifique des zones climatiques H1, H2 et H3

Le découpage climatique du territoire français repose sur une analyse des données météorologiques historiques produites par Météo-France.

Cette classification vise à représenter les besoins énergétiques des bâtiments en fonction des conditions climatiques locales. Elle s’appuie notamment sur plusieurs paramètres :

  • les températures hivernales et estivales
  • la durée de la saison de chauffage
  • l’altitude
  • l’ensoleillement
  • les conditions de vent et d’humidité

Ces données permettent d’évaluer la rigueur climatique d’un territoire et donc les besoins énergétiques associés au chauffage des bâtiments.

Comment les zones climatiques influencent-elles le calcul des primes CEE ?

Dans le dispositif CEE, les économies d’énergie générées par une opération sont exprimées en kWh cumac (kilowattheures cumulés actualisés). Cette unité permet d’évaluer les économies réalisées sur toute la durée de vie de l’équipement ou du matériau installé.

Or ces économies varient selon le climat. Une isolation performante ou l’installation d’un système de chauffage efficace permettra de réaliser davantage d’économies d’énergie dans une zone froide que dans une zone au climat plus doux.

Afin de refléter ces différences climatiques, les fiches d’opérations standardisées intègrent des coefficients correcteurs selon les zones H1, H2 et H3. Ces coefficients permettent d’ajuster le volume de certificats généré par une opération et donc le montant des primes CEE associées aux travaux d’efficacité énergétique.

Exemple : l’impact des zones climatiques dans la fiche CEE pompe à chaleur (BAR-TH-171)

Dans certaines opérations, l’impact du zonage climatique sur le volume de certificats peut être particulièrement significatif.

La fiche d’opération standardisée BAR-TH-171, qui concerne l’installation d’une pompe à chaleur air/eau ou eau/eau dans le secteur résidentiel existant, en constitue une illustration concrète.

Pour cette opération, un facteur correctif géographique est appliqué selon la zone climatique :

Zone climatique Facteur correctif
H1 1,2
H2 1
H3 0,7

Ce coefficient vient multiplier le volume de certificats généré par l’opération.

À caractéristiques de logement et de pompe à chaleur identiques, ces coefficients introduisent des écarts significatifs de volume CEE entre les zones climatiques.

Intégrez correctement les coefficients climatiques dans vos calculs CEE

Le zonage climatique (H1, H2, H3) peut générer des écarts significatifs de volume CEE selon les opérations.

Pour les professionnels, une bonne prise en compte de ces coefficients est essentielle pour fiabiliser les calculs et sécuriser les dossiers.

Sonergia vous accompagne dans l’analyse et l’optimisation de vos opérations CEE :

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Impact concret

  • Un dossier réalisé en zone H3 (littoral méditerranéen, Corse) génère 30 % de volume CEE de moins qu’un dossier en zone H2 (Centre et Ouest).
  • Par rapport à une installation en zone H1 (Nord-Est, zones de montagne), l’écart atteint près de 42 %.
  • La différence entre zone H1 et zone H2 est quant à elle d’environ 17 %.

Ces différentiels sont constants quelle que soit la configuration du dossier. En effet, le facteur climatique s’applique comme un multiplicateur uniforme sur le volume final de certificats généré par l’opération.

Cette mécanique traduit directement la logique énergétique du dispositif : dans les zones les plus froides, les besoins de chauffage sont plus importants et les économies d’énergie générées par l’installation d’un équipement performant sont donc plus élevées.

Zones climatiques et transition énergétique : quels enjeux face au changement climatique ?

Historiquement, les politiques d’efficacité énergétique dans le bâtiment ont été largement structurées autour d’un objectif principal : réduire les besoins de chauffage.

Les réglementations thermiques et les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique ont donc été conçus dans une logique centrée sur la réponse aux besoins de chaleur.

Cependant, le changement climatique modifie progressivement cette approche. Les épisodes de chaleur intense deviennent plus fréquents et la question du confort thermique en été s’impose désormais comme un enjeu majeur dans le logement.

Dans certaines régions françaises, les besoins énergétiques liés au rafraîchissement des bâtiments augmentent progressivement. Cette évolution interroge la pertinence d’un découpage climatique historiquement fondé sur les besoins de chauffage.

À ce stade, aucune évolution réglementaire des zones climatiques n’est envisagée. À l’échelle du parc de bâtiments français, les besoins énergétiques restent en effet largement dominés par le chauffage. Même si les besoins de refroidissement pourraient progresser plus rapidement que les besoins de chauffage ne diminuent sous l’effet du changement climatique, l’écart entre les deux reste très important. Les besoins de chaleur demeurent donc très majoritaires et, dans l’ensemble, les besoins énergétiques des bâtiments continuent de diminuer grâce à l’amélioration de leur performance. Par ailleurs, les systèmes de production de froid présentent généralement des rendements énergétiques nettement supérieurs à ceux des systèmes de production de chaleur, ce qui limite leur impact global sur les consommations d’énergie.

Plus largement, la transition énergétique dans le logement ne se limite plus uniquement à la réduction des consommations de chauffage. Elle implique désormais de garantir un confort thermique global tout au long de l’année, en intégrant à la fois les enjeux de chauffage hivernal et de rafraîchissement estival.

Florence Lievyn

responsable des affaires publiques de Sonergia 

« Le zonage climatique H1, H2 et H3 rappelle une réalité physique simple : les besoins énergétiques des bâtiments varient fortement selon les territoires. Dans le dispositif des certificats d’économies d’énergie, cette prise en compte du climat permet d’évaluer plus justement les économies générées par les travaux. À mesure que les enjeux de confort d’été et d’adaptation au changement climatique prennent de l’ampleur, l’approche énergétique du bâtiment évolue vers des stratégies plus globales, intégrant performance énergétique et confort thermique tout au long de l’année. » 

 

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Les informations fournies dans cet article sont données à titre indicatif et n’ont pas de valeur réglementaire ou contractuelle.

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