Accueil » Nos actualités » CVC chauffage : comment réduire la consommation d’énergie ? 

Devez-vous optimiser votre système de chauffage CVC ou investir dans une solution plus performante pour votre bâtiment tertiaire ou industriel ? Cette question engage votre consommation énergétique, vos charges et le respect de la réglementation tertiaire. Et si tout se jouait dans les choix techniques, leur impact mesuré et le financement des travaux de chauffage ? 

La réduction des déperditions du bâtiment doit être envisagé avant tout remplacement de système de chauffage, le recours à une rénovation globale permet de réduire les temps de retour sur investissement avec des aides CEE bonifiées.

Grégory, Ingénieur efficacité énergétique

Pourquoi agir sur le CVC chauffage ? 

À l’intérieur du poste CVC, Chauffage Ventilation Climatisation, le chauffage concentre l’essentiel des consommations d’énergie. Il fonctionne sur de longues périodes, mobilise des équipements CVC puissants et conditionne le confort thermique intérieur des occupants. Rien d’étonnant donc qu’il s’impose comme l’axe prioritaire pour réaliser des économies. 

CVC : pourquoi le chauffage est-il prioritaire ? 

Dans le secteur tertiaire, le chauffage CVC pilote la production de chaleur, les réseaux hydrauliques, les émetteurs et la régulation thermique du système. Il alimente aussi parfois la ventilation, par le biais de centrales de traitement d’air (CTA) et leurs batteries chaudes, qui réchauffent l’air neuf soufflé dans les locaux. Selon l’ADEME, le chauffage représente jusqu’à 50 % de la consommation énergétique d’un bâtiment tertiaire en France. 

Une consigne trop élevée, des débits mal maîtrisés ou un régime de température inadapté entraînent une dérive des températures de départ et de retour. Le générateur perd en efficacité, les circulateurs sont sollicités plus longtemps et votre facture s’alourdit à chaque heure de fonctionnement. 

Ce que vous gagnez, sans perte de confort 

Intervenir sur le chauffage CVC permet de maîtriser les températures, les plages de fonctionnement et l’usage des installations. Les écarts par rapport aux consignes sont identifiés, les réglages deviennent lisibles et l’exploitation gagne en fiabilité, sans dégrader le confort ni la qualité de l’air intérieur. 

Vous obtenez : 

  • une répartition thermique plus homogène entre zones ; 
  • des plages de chauffe cohérentes avec l’occupation des locaux ; 
  • une ventilation conforme aux besoins, avec une CTA exploitée dans son domaine nominal ; 
  • des conditions de fonctionnement plus favorables pour les équipements CVC, avec moins d’aléas ; 
  • des consommations d’énergie plus régulières, plus simples à suivre et à comparer au fil des saisons. 

Les 4 sources de surconsommation de chauffage les plus fréquentes 

L’ancienneté de votre système de chauffage CVC n’explique pas à elle seule une surconsommation d’énergie. Dans de nombreux bâtiments tertiaires, le pilotage, les pertes thermiques et les réglages pèsent davantage sur la facture que l’état des équipements. 

Pilotage : horaires, consignes, loi d’eau 

Le pilotage définit quand le chauffage doit fonctionner et à quel niveau de température. Il s’appuie sur des horaires, des consignes et une loi d’eau, qui ajustent la température du réseau en fonction de la température extérieure. 

Constats : 

  • chauffage actif sur des plages non occupées, week-end compris ; 
  • consigne unique pour tout le bâtiment, sans distinction des usages ou des zones ; 
  • marche forcée en GTB, reprise tardive le matin ou arrêt anticipé absent en fin de journée ; 
  • température de départ élevée, alors que la météo est douce ; 
  • chauffage et refroidissement simultanés sur certains espaces, liés à une régulation mal coordonnée. 

La GTB, ou Gestion Technique du Bâtiment, centralise le pilotage des installations techniques. Un paramétrage inadapté ou un usage en mode dégradé peut maintenir le chauffage actif au-delà des besoins réels. 

Hydraulique : débits, équilibrage, pompes 

L’hydraulique intervient dans la répartition de la chaleur entre zones. L’équilibrage du réseau et le type de pompes influencent la distribution de l’eau chaude vers les émetteurs. Un déséquilibre hydraulique crée des écarts de température entre locaux et pousse le système à fonctionner plus longtemps. 

Constats : 

  • écarts importants de température, avec zones en surchauffe et pièces sous-chauffées ; 
  • pompes en fonctionnement continu, y compris lors de faibles besoins de chauffage ; 
  • bruits hydrauliques, instabilités de vannes et variations intermittentes de température ; 
  • réseaux encrassés, présence d’air dans les circuits et hausse des pertes de charge non identifiée. 

Pertes sur réseaux : tuyauteries et locaux non chauffés 

Une partie de la chaleur se perd avant d’atteindre les émetteurs. En tertiaire, les tuyauteries traversent souvent des zones non chauffées, sous-sols, gaines, parkings, locaux techniques. Ces déperditions thermiques viennent des linéaires, mais aussi des accessoires et points singuliers, vannes, brides, collecteurs. 

Constats : 

  • locaux techniques très chauds en période de chauffe, y compris hors zones occupées ; 
  • tuyauteries, vannes, brides ou collecteurs chauds au toucher dans des zones non chauffées ; 
  • écart marqué entre la température de départ en chaufferie ou sous-station et la température mesurée en pied de colonne ou en zone ; 
  • besoin de chauffe qui reste élevé alors que les locaux atteignent la consigne de température ; 
  • isolants absents ou dégradés, manchons manquants, accessoires non isolés. 

Régimes de température : départ et retour 

Le régime de température correspond aux températures d’eau de départ et de retour du réseau de chauffage. S’il est trop élevé, le générateur devient moins efficace et la régulation devient instable. Un retour trop chaud pénalise aussi le rendement d’une chaudière à condensation, le COP (coefficient de performance) d’une pompe à chaleur et l’exploitation d’un réseau de chaleur. 

Constats : 

  • température de départ maintenue haute sur la saison, sans lien avec la température extérieure ; 
  • température de retour élevée sur de longues plages, signe d’un transfert de chaleur incomplet ; 
  • écart faible entre départ et retour, avec un retour proche du départ ; 
  • cyclage du générateur, arrêts et relances à répétition, avec régulation instable ; 
  • température des émetteurs hétérogène. 

Comment optimiser vos systèmes CVC existants ? 

Avant de remplacer, optimisez. De nombreux leviers CVC permettent de réduire la consommation sans engager de lourds travaux. Pilotage, hydraulique, réseaux, ventilation… ces actions allègent vos factures et sont parfois éligibles aux aides CEE. 

Piloter : régulation thermique et réglages fins 

Chauffer à la bonne heure, au niveau de confort souhaité, dans les bonnes zones : telles sont les missions du pilotage. 

Optimisations : 

  • programmations : horaires par zone, jours ouvrés, week-end, périodes de fermeture ; 
  • consignes : niveaux adaptés aux usages, avec limites sur les espaces peu occupés ; 
  • loi d’eau : pente et pied de courbe cohérents, sans température de départ excessive en mi-saison ; 
  • coordination chaud/froid : suppression des demandes simultanées sur une même zone ; 
  • GTB : modes automatiques priorisés, modes forcés encadrés, alarmes et historiques exploitables. 

Répartir : maîtrise des débits et de l’équilibrage hydraulique 

Un chauffage bien réparti évite de surchauffer certaines pièces pour compenser le manque ailleurs. L’objectif est d’alimenter chaque émetteur selon son besoin réel. 

Optimisations : 

  • équilibrage du réseau : réglage des débits par boucle, colonne et zone ; 
  • organes hydrauliques : vannes et régulateurs capables de tenir une régulation stable ; 
  • pompes : pression et mode de fonctionnement adaptées au réseau existant ; 
  • qualité d’eau : circuits purgés, propres, sans boues ni air perturbant les échanges. 

Réduire les pertes : calorifugeage des réseaux 

Toute chaleur dissipée hors des zones occupées est une énergie payée sans usage. Le calorifugeage cible ces pertes invisibles. 

Optimisations : 

  • réseaux hors volume chauffé : sous-sols, parkings, gaines, locaux techniques ; 
  • accessoires : vannes, brides, collecteurs et filtres ; 
  • continuité de l’isolation : manchons, raccords, traversées à traiter sans rupture d’isolant. 

Ventiler : assainir la qualité de l’air intérieur et économiser 

Chaque mètre cube d’air neuf introduit en hiver doit être chauffé avant d’être soufflé dans les locaux. Une ventilation efficace et bien réglée évite le gaspillage d’énergie. 

Optimisation : 

  • horaires de CTA : fonctionnement aligné sur l’occupation des bureaux, sans ventilation hors présence ; 
  • débits d’air : adaptation aux usages et aux niveaux de CO₂, sans surventilation ; 
  • réchauffage de l’air neuf : batteries chaudes réglées pour couvrir le besoin, sans hausse excessive de la température de soufflage ; 
  • double flux : récupération de chaleur opérationnelle, avec contrôle des by-pass et de l’état des échangeurs. 

Quand investir : un système CVC à haute efficacité énergétique 

Lorsque le chauffage CVC atteint ses limites techniques, l’enjeu n’est plus d’ajuster, mais de choisir une solution capable de répondre aux besoins du bâtiment à long terme. 

Arbitrer : les critères de choix d’une solution CVC 

En amont, une étude thermique approfondie ou un audit énergétique pose le cadre de votre projet. Elle permet de dimensionner les solutions CVC, d’estimer les économies atteignables et de sécuriser le montage du financement. 

Elle apporte des réponses concrètes sur : 

  • le besoin de chauffage, avec la puissance à prévoir et la consommation annuelle selon l’usage des zones, l’inertie du bâti et les surfaces vitrées ; 
  • le régime de température attendu, en cohérence avec la température d’eau au départ du réseau, les émetteurs et les batteries chaudes des CTA ; 
  • les contraintes du site liées aux surfaces disponibles, aux accès techniques, aux nuisances sonores et aux possibilités d’implantation en toiture ou en cour ; 
  • les ressources énergétiques disponibles, dont la capacité électrique existante, la puissance nécessaire, les limites d’abonnement et les incidences sur l’exploitation ; 
  • les conditions d’exploitation futures, incluant la supervision, les compétences mobilisables, l’organisation de la maintenance CVC et la continuité de service ; 
  • la mesure de la performance, à travers les points de comptage, les relevés de température et le suivi GTB. 

Se raccorder : tirer le meilleur parti d’un réseau de chaleur 

Si votre bâtiment tertiaire est raccordable, le réseau de chaleur représente une alternative économique, fiable et durable. Il repose sur une production de chaleur mutualisée, souvent alimentée en grande partie par des énergies renouvelables ou de récupération. 

Points techniques : 

  • raccordabilité : distance au réseau, puissance disponible, contraintes liées aux travaux de tranchée et à l’implantation de la sous-station ; 
  • sous-station : qualité de l’échangeur, régulation, comptage de l’énergie, sondes de température, accessibilité pour la maintenance et espace disponible pour les équipements ; 
  • températures : adéquation entre les températures du réseau et les besoins du bâtiment ; 
  • suivi : relevés des températures de départ et de retour, énergie livrée et alarmes utiles intégrées à la GTB. 

Basculer en géothermie : une performance élevée toute l’année 

Les pompes à chaleur géothermiques exploitent une énergie locale disponible à l’infini, permettant d’assurer une production de chaleur régulière, une maîtrise des consommations et un confort thermique toute l’année. 

Points techniques : 

  • type de géothermie : sondes verticales, capteurs horizontaux, ou aquifère selon le terrain et l’emprise au sol disponible ; 
  • études : faisabilité, contraintes sol, autorisations, risques, et test de réponse thermique pour les sondes si nécessaire ; 
  • émetteurs et CTA : compatibilité des terminaux et des batteries chaudes ; 
  • confort d’été : potentiel de rafraîchissement passif (géocooling) ; 
  • suivi des performances : comptage énergie, températures, suivi du COP et des dérives. 

Étudier : les autres options CVC pertinentes 

Selon les caractéristiques de votre bâtiment tertiaire, votre activité et vos contraintes d’exploitation, d’autres solutions CVC peuvent offrir un bon équilibre entre consommation d’énergie, confort thermique et facilité de gestion. 

Systèmes éprouvés à considérer : 

  • PAC air-eau : pertinente avec un régime d’eau à basse température et des émetteurs compatibles ; 
  • système hybride : une base en pompe à chaleur, un appoint en chaudière pour les pics de froid ; 
  • chaufferie biomasse (granulés ou plaquettes) : si vous disposez d’un espace de stockage et d’une logistique combustible ; 
  • chaufferie à condensation : intéressante si le réseau permet un retour d’eau bas, condition essentielle pour récupérer l’énergie issue de la condensation. 

Financer votre projet de chauffage CVC avec les aides CEE 

Exemples d’aides CEE mobilisables pour le chauffage CVC : 

Thème  Fiche CEE  Intitulé 
Piloter  BAT-TH-108
BAT-TH-109 
Système de régulation par programmation d’intermittence
Optimiseur de relance en chauffage collectif 
Répartir  BAT-SE-103  Équilibrage d’un réseau hydraulique de chauffage 
Ventiler  BAT-TH-125
BAT-TH-126 
Ventilation mécanique simple flux
Ventilation mécanique double flux 
Se raccorder  BAT-TH-127
BAT-SE-105 
Raccordement d’un bâtiment tertiaire à un réseau de chaleur
Abaissement de la température de retour d’un bâtiment raccordé 
Basculer en géothermie  BAT-TH-162  Pompe à chaleur de type géothermique 
PAC air-eau  BAT-TH-163  Pompe à chaleur de type air/eau 
PAC eau-eau  BAT-TH-164  Pompe à chaleur de type eau/eau 
Autres solutions CVC  BAT-TH-158
BAT-TH-157 
Pompe à chaleur de type air/air
Chaudière biomasse collective 

D’autres dispositifs peuvent compléter les CEE, comme les aides de l’ADEME, les soutiens régionaux ou les programmes spécifiques liés aux réseaux de chaleur et aux énergies renouvelables. 

Ce qu’il faut retenir 

  • Le chauffage CVC concentre une part majeure des consommations et constitue le levier prioritaire pour réduire les kWh sans dégrader le confort. 
  • Des optimisations ciblées sur le pilotage, l’hydraulique, les réseaux et la ventilation permettent de baisser votre consommation sans remplacer les équipements. 
  • Lorsque l’existant atteint ses limites, des solutions performantes comme le réseau de chaleur ou la géothermie offrent des gains durables à condition d’un CVC bien adapté. 
  • La mesure des performances et l’éligibilité aux aides CEE sécurisent les choix techniques et le financement de votre projet. 

Quelle est la différence entre CVC et CTA ? 

Le CVC désigne l’ensemble du système de chauffage, ventilation et climatisation d’un bâtiment. La CTA est un équipement du CVC dédié au traitement et au renouvellement de l’air, qui chauffe, refroidit et filtre l’air avant diffusion. 

Que changent ledécrets Tertiaire et BACS pour le CVC chauffage ? 

Le décret tertiaire impose une baisse progressive des consommations, dont le chauffage CVC. Le décret BACS rend obligatoire le pilotage automatisé, pour ajuster les températures, les horaires et prouver les économies réalisées. 

Les informations fournies dans cet article sont données à titre indicatif et n’ont pas de valeur réglementaire ou contractuelle.

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