Objectif 2030 : 100 % des sites tertiaires équipés. Réalité projetée : 22 %. L’écart est considérable. Et pourtant, les BACS (Building Automation and Control Systems) et notamment les systèmes GTB (Gestion Technique du Bâtiment) constituent l’un des leviers les plus puissants et les plus matures pour atteindre les objectifs du décret tertiaire. À la croisée de la performance énergétique, de l’exploitation et du pilotage des usages, le BACS reste aujourd’hui largement sous-déployé.
Dans un contexte où les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) sont un soutien précieux du déploiement du BACS, notamment via la fiche BAT-TH-116 et la future fiche Rénovation Globale Tertiaire, il est temps de regarder le sujet autrement : non plus comme une contrainte réglementaire, mais comme un investissement stratégique de performance.
BACS et décret tertiaire : quelle obligation pour les bâtiments tertiaires ?
Les BACS (Building Automation and Control Systems), incluant les systèmes de GTB (Gestion Technique du Bâtiment), permettent de piloter et d’optimiser les équipements techniques d’un bâtiment tertiaire.
Le cadre est connu des acteurs techniques. Le décret tertiaire impose une trajectoire de réduction des consommations énergétiques à échéance 2030, 2040 et 2050, avec une obligation de résultats. En miroir, le BACS constitue l’outil opérationnel permettant d’atteindre ces résultats.
Pourtant, selon les chiffres de la filière (GIMELEC), la tendance actuelle ne permettrait d’équiper qu’environ 22 % des bâtiments tertiaires à l’horizon 2030, très loin de l’objectif réglementaire de généralisation.
| Ce retard ne s’explique par : |
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Quelles plus values de l’installation d’une GTB /BACS dans un bâtiment tertiaire ?
Installer un BACS ne garantit pas la performance. C’est l’un des constats majeurs partagés par les acteurs de terrain.
Le potentiel du BACS réside avant tout dans sa capacité à :
- piloter les usages au plus près des besoins réels,
- produire des données fiables et exploitables,
- détecter les dérives et déclencher des actions correctives,
- inscrire la performance énergétique dans la durée.
Autrement dit, le BACS n’est pas un produit, mais un système de services, dont la valeur dépend :
- de la qualité de la conception fonctionnelle,
- de l’architecture de données,
- de l’interopérabilité des équipements,
- et de la gouvernance mise en place après la livraison.
- C’est précisément là que se situe aujourd’hui le gisement d’économies d’énergie sous–exploité.
Pratiques à faire évoluer : les enseignements du terrain
1 Penser exploitation dès la conception
Un BACS performant est un BACS dont l’exploitation a été pensée en amont. Cela suppose :
- une définition claire des fonctions attendues,
- des indicateurs de performance lisibles,
- un lien explicite avec les objectifs du décret tertiaire.
Un BACS non réceptionné, mal compris ou non maintenu est un BACS qui ne produira aucune économie durable.
2 Standardiser pour fiabiliser
Les projets les plus efficaces sont ceux qui ont fait le choix de la standardisation :
- architectures reproductibles,
- protocoles ouverts (BACnet, KNX),
- compatibilité ascendante.
La standardisation n’est pas l’ennemie de l’innovation : elle est la condition de la pérennité et de la maîtrise des coûts d’exploitation.
3 Replacer l’équilibrage au cœur de la performance
Les évolutions des systèmes thermiques (basse température, débits variables) rendent l’équilibrage hydraulique et aéraulique indispensable. Sans équilibrage dynamique, les données remontées par le BACS perdent une grande partie de leur pertinence.
4 Clarifier les responsabilités
L’absence de pilote global BACS reste un facteur majeur d’échec. La création d’un lot GTB clairement identifié, avec un maître d’ouvrage propriétaire des programmes, est une condition clé pour passer du simple respect réglementaire à la performance mesurable.
L’avis de notre expert :
“La régulation est un enjeu majeur dans la performance énergétique des bâtiments tertiaires : des systèmes énergétiques performants qui ne sont pas pilotés et automatisés ne pourront pas produire les économies d’énergies attendues. Par ailleurs, l’évaluation des économies réelles ne peut se faire sans un plan de mesures et de vérification qui passe par la mise en place d’un plan de comptage, souvent négligé dans les projets de rénovation. Mesurer, suivre, analyser, comparer, optimiser, détecter, alerter, corriger sont les maitres mots d’un BACS performant. Sonergia et ses partenaires sont là pour vous accompagner dans cette approche de performance.”
Grégory Beau
Comment financer un projet de régulation de type BACS / GTB ?
La fiche CEE BAT TH 116, dédiée aux systèmes de gestion technique du bâtiment, est en vigueur et permet dès aujourd’hui de financer des projets BACS, sous réserve du respect des exigences techniques et fonctionnelles.
Pourtant, cette fiche reste encore insuffisamment mobilisée, souvent par méconnaissance de son périmètre ou par une vision trop restrictive du BACS.
Elle constitue pourtant un outil structurant pour :
- réduire le reste à charge,
- sécuriser les investissements,
- accélérer la prise de décision sur des projets à fort impact énergétique.
Rénovation Globale Tertiaire : une opportunité majeure à venir pour le BACS
La future fiche Rénovation Globale Tertiaire, très attendue par la filière, pourrait profondément rebattre les cartes.
Les travaux préparatoires laissent entrevoir la possibilité de bonifications importantes pour le BACS, pouvant aller jusqu’à un facteur x5 (information à confirmer à la publication du texte réglementaire).
Dans ce cadre, le BACS ne serait plus un simple poste parmi d’autres, mais un élément structurant de la performance globale, capable de :
- maximiser l’impact des travaux,
- sécuriser l’atteinte des objectifs réglementaires,
- valoriser les investissements sur le long terme.
Positionner le BACS dès la conception d’un projet de rénovation globale devient ainsi un choix stratégique, tant technique qu’économique.
BACS, CEE et décret tertiaire : une équation à résoudre maintenant
L’équation est claire :
- Décret tertiaire : obligation de résultats.
- BACS : les moyens techniques pour piloter et mesurer.
- CEE : le levier financier pour accélérer et massifier.
À quatre ans de l’échéance 2030, le statu quo n’est plus une option. Sans changement de pratiques, l’objectif de généralisation du BACS restera hors de portée.
À l’inverse, une approche plus mature, intégrant conception, exploitation, données et financement CEE, permet de transformer le BACS en outil central de la performance énergétique des bâtiments tertiaires.
Chez Sonergia, nous accompagnons nos partenaires techniques dans la structuration et le financement de projets BACS performants, en mobilisant les dispositifs CEE existants et à venir, au service d’une rénovation tertiaire ambitieuse et mesurable.
Questions fréquentes sur le BACS, la GTB et le décret tertiaire
Qu’est-ce qu’un BACS ? |
| Un BACS (Building Automation and Control System) est un système d’automatisation et de contrôle permettant de superviser et piloter les équipements techniques d’un bâtiment (chauffage, ventilation, climatisation, éclairage, etc.) afin d’en optimiser la performance énergétique. |
Quelle est la différence entre BACS et GTB ? |
| Le BACS désigne l’architecture globale d’automatisation. La GTB (Gestion Technique du Bâtiment) constitue l’outil de supervision et de pilotage centralisé des installations. |
Le BACS est-il obligatoire ? |
| Oui, dans certains cas définis par le décret BACS, notamment en fonction de la puissance des systèmes CVC installés. |
Le BACS permet-il de répondre au décret tertiaire ? |
| Il constitue l’un des leviers techniques les plus efficaces pour atteindre les objectifs de réduction des consommations énergétiques fixés par le décret tertiaire. |
