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Contrôle CEE 2026 : de nouvelles exigences réglementaires pour la filière

Contrôle CEE : des exigences réglementaires en forte hausse

Le contrôle des opérations constitue aujourd’hui un pilier central du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE). Cette exigence s’est nettement renforcée avec l’entrée en vigueur de nouvelles obligations au 1er janvier 2026. 

Sur plusieurs fiches CEE, le taux de contrôle sur site est ainsi passé de 15 % à 30 %, avec une trajectoire clairement orientée à la hausse. Certaines opérations sont désormais appelées à être contrôlées à 100 %, conformément aux évolutions prévues par les textes réglementaires, et plusieurs fiches sont déjà concernées par cette obligation. 

Cette évolution traduit une volonté des pouvoirs publics : élever le niveau de qualité des opérations et renforcer la lutte contre la fraude dans la rénovation énergétique.

Florence Lievyn, responsable des affaires publiques de Sonergia
« La montée en puissance des contrôles dans le dispositif des CEE est une évolution nécessaire. Mais elle impose de repenser nos modalités d’action. Le contrôle visuel à distance permet précisément de concilier exigence de qualité et réalité opérationnelle, en apportant une réponse adaptée à la massification des contrôles. C’est une transformation structurante pour la filière sur laquelle nous devons accélérer. »
Depuis le 1er janvier 2026, le taux de contrôle sur site d’une partie des opérations CEE est passé de 15 % à 30 %, allant même jusqu’à 100 % pour certaines fiches.

Contrôles CEE : les limites du contrôle in situ

Si cette montée en exigence est légitime, elle soulève des difficultés très concrètes pour les acteurs de l’efficacité énergétique.

Le contrôle in situ repose sur une organisation lourde :

  • prise de rendez-vous avec le bénéficiaire
  • intervention parfois plusieurs semaines après la fin des travaux
  • contraintes logistiques importantes

Dans les faits, des difficultés résident dans la capacité à contacter le bénéficiaire et à organiser le contrôle dans des délais compatibles avec les exigences du dispositif.

Dans un contexte de massification des opérations, cette contrainte devient structurante : le modèle actuel atteint ses limites.

Massifier les contrôles sans bloquer le système

Le sujet n’est donc pas de réduire l’intensité des contrôles, mais bien de trouver des modalités compatibles avec leur généralisation. 

Dans un dispositif comme les CEE, où la qualité des travaux conditionne directement le versement des primes, l’enjeu est double : maintenir un niveau d’exigence élevé et garantir la fluidité opérationnelle du système. 

C’est précisément dans cet équilibre que s’inscrit le développement du contrôle visuel à distance (CVAD). 

Contrôle visuel à distance (CVAD) : comment ça fonctionne concrètement ?

Le CVAD : un mode de contrôle reconnu à structurer 

Le contrôle visuel à distance s’impose aujourd’hui comme une réponse directe à ces enjeux. Reconnu dans le Code de l’énergie à la suite de la loi du 29 juin 2025 relative à la lutte contre la fraude, le CVAD s’intègre pleinement dans le dispositif des CEE. 

Il ne s’agit pas d’un concept émergent : plusieurs opérateurs proposent déjà des solutions opérationnelles, utilisées sur le terrain par les professionnels. L’ADEME, dans le cadre du programme CEE PRODICEE, pilote également des travaux visant à structurer et sécuriser son déploiement afin d’en garantir la qualité et l’interopérabilité. 

Si les modalités opérationnelles ne sont pas encore définies, le principe général est bien de prendre des photographies et/ou de filmer le chantier à des étapes clés via une application sécurisée (données horodatées et géolocalisées). Un contrôleur analyse de manière synchrone ou asynchrone ces éléments à distance.

Le CVAD repose sur une logique simple : contrôler au moment où les travaux sont réalisés, mais aussi en amont et en aval du chantier. 

Le professionnel documente le chantier via une application sécurisée, en collectant des photos et vidéos à des étapes clés. Ces éléments sont : 

  • horodatés 
  • géolocalisés 
  • sécurisés

Ils sont ensuite analysés à distance par un contrôleur qualifié, avec un retour rapide. 

Le CVAD présente ainsi une grande souplesse d’utilisation et peut intervenir à différents moments : 

  • avant travaux, pour vérifier la situation initiale (par exemple la présence d’un système de chauffage au fioul conditionnant certaines bonifications CEE) 
  • pendant le chantier, pour contrôler la bonne mise en œuvre des équipements 
  • à la finalisation, pour valider la conformité globale de l’opération 

Cette approche permet de sécuriser l’ensemble du processus, depuis l’éligibilité de l’opération jusqu’à sa conformité finale. Elle constitue également un levier efficace de lutte contre la fraude, en fiabilisant les preuves collectées et en limitant les risques de déclaration erronée ou de travaux non réalisés.

Taux de non-satisfaisant CEE à 10 % : comment le CVAD aide à rester dans les clous

Au-delà du taux de contrôle, le dispositif CEE est également encadré par une exigence croissante sur la qualité des opérations, avec un taux de contrôles non-satisfaisants abaissé à 10 % depuis le 1er janvier 2026. 

Dans ce contexte, le CVAD apporte une réponse particulièrement adaptée. 

En permettant des contrôles au fil de l’eau, directement pendant la réalisation du chantier, il devient possible : 

  • d’identifier immédiatement une non-conformité 
  • de corriger sans délai 
  • d’éviter qu’une anomalie ne se transforme en non-satisfaisant final 

Cette logique transforme profondément le rôle du contrôle : il ne s’agit plus uniquement de constater a posteriori, mais bien d’accompagner la conformité en temps réel. 

Le CVAD devient ainsi un outil structurant pour sécuriser le respect des exigences réglementaires et maintenir un taux de non-satisfaisant compatible avec les objectifs du dispositif. 

Contrôle in situ vs CVAD : coûts, délais et qualité comparés

Des limites structurelles du contrôle traditionnel 

Le contrôle in situ reste un outil essentiel, mais il présente des limites structurelles dans un contexte de montée en charge : 

  • coûts élevés (environ 200 € par contrôle) 
  • délais longs 
  • organisation complexe 
  • dépendance au bénéficiaire 

Ces contraintes deviennent particulièrement visibles lorsque les taux de contrôle augmentent fortement. 

Un levier d’efficacité économique et environnementale 

Le CVAD apporte des gains significatifs : 

  • coût moyen d’environ 30 € par contrôle 
  • réduction importante des délais de traitement 
  • diminution de l’empreinte carbone liée aux déplacements 

Ces gains permettent d’envisager une montée en charge des contrôles sans explosion des coûts. 

Le CVAD coûte en moyenne 30 € par contrôlecontre 200 € pour un contrôle in situ traditionnel, soit un coût 6 fois inférieur. Avec des délais réduits et moins de déplacements, il permet une montée en charge des contrôles CEE sans explosion des coûts. 

Un outil au service de la qualité des CEE

Le CVAD renforce également la qualité des opérations. 

Les retours d’expérience montrent que : 

  • la grande majorité des anomalies détectées sur site sont également identifiées à distance 
  • certaines non-conformités ne sont visibles qu’au moment du chantier (exemple des points de fixation des plaques d’isolation) 

Le contrôle devient plus réactif, traçable et intégré au processus de réalisation. Il constitue ainsi un levier structurant pour produire des CEE de qualité et renforcer la confiance dans le dispositif. 

Sonergia engagée pour des contrôles adaptés aux enjeux du secteur

Dans ce contexte, Sonergia s’inscrit pleinement dans cette transformation et n’hésite pas à recourir au CVAD pour sécuriser les chantiers financés. 

L’enjeu est clair : accompagner la montée en exigence des contrôles tout en garantissant la fluidité du dispositif. 

Le développement du CVAD permet ainsi de concilier la qualité des opérations, la massification des contrôles et la sécurisation des primes. Il participe ainsi à structurer durablement le marché de la rénovation énergétique. 

Questions fréquentes sur le contrôle CEE et le CVAD

Qu’est-ce que le CVAD dans le contexte des CEE ? 

Le CVAD (contrôle visuel à distance) est une méthode de contrôle des chantiers CEE reconnue dans le Code de l’énergie depuis la loi du 29 juin 2025. Le professionnel documente chaque étape du chantier via une application sécurisée. Les éléments collectés (photos, vidéos horodatées et géolocaliséessont analysés à distance par un contrôleur qualifié. 

Quelles sont les nouvelles obligations de contrôle CEE depuis janvier 2026 ? 

Depuis le 1er janvier 2026, le taux de contrôle sur site est passé de 15 % à 30 % sur de nombreuses fiches CEE, avec certaines opérations à 100 %. Le taux de contrôles non-satisfaisants est plafonné à 10 %. Ces évolutions imposent de trouver des modes de contrôle plus scalables que le contrôle in situ traditionnel. 

Le contrôle visuel à distance est-il légalement reconnu ? 

Oui. Le CVAD est reconnu dans le Code de l’énergie depuis la loi du 29 juin 2025 relative à la lutte contre la fraude dans la rénovation énergétique. L’ADEME pilote par ailleurs des travaux de structuration dans le cadre du programme PRODICEE pour garantir son interopérabilité et sa qualité. 

Les informations fournies dans cet article sont données à titre indicatif et n’ont pas de valeur réglementaire ou contractuelle.

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