Le plan d’électrification du 23 avril 2026 ouvre de nouvelles opportunités de financement CEE pour les industriels. Trois technologies sont directement concernées : les pompes à chaleur industrielles, les chaudières électriques et les compresseurs mécaniques de vapeur. Pour chacune, une fiche standardisée (FOST) est révisée ou créée d’ici octobre 2026 — avec un accès aux primes simplifié, prévisible et immédiatement actionnable pour les sites éligibles.
Le plan se décline en 22 mesures pour réduire la dépendance de l’économie française aux énergies fossiles, ramener leur part dans la consommation finale de 60 à 40 % d’ici 2030, et porter la production électrique nationale à 585 TWh en 2035.
| En complément des CEE : 2 mesures à connaître |
|---|
|
Le plan prévoit également 2 dispositifs de financement public qui ne mobilisent pas directement les CEE, mais témoignent de l’engagement de l’État dans l’électrification industrielle.
Les CEE viennent en complément de ces dispositifs, sur le terrain des opérations d’efficacité énergétique qui accompagnent ces projets. |
Zoom sur la mesure 22 : 3 nouvelles fiches CEE
C’est la mesure qui intéresse le plus directement les acteurs du dispositif CEE. Elle prévoit une révision et la création de 3 fiches d’opérations standardisées (FOST) pour 3 technologies clés de l’électrification thermique industrielle, avec un calendrier précis et une ambition chiffrée de 10 TWh/an pour les seules pompes à chaleur industrielles.
Le plan l’affirme explicitement : « Les certificats d’économie d’énergie sont déjà un outil au service de l’électrification dans l’industrie. Le calcul des économies d’énergie utilise à présent l’énergie finale intégrale, permettant de mieux prendre en considération les enjeux d’électrification. »
Le calendrier de publication des fiches est le suivant :
- Mai 2026 : révision de la fiche IND-UT-137 relative aux pompes à chaleur industrielles, publiée au Journal officiel le 24 mai 2026, applicable depuis le 25 mai 2026
- Juillet 2026 : création d’une nouvelle fiche CEE pour les chaudières électriques industrielles
- Octobre 2026 : création d’une nouvelle fiche CEE pour les compresseurs mécaniques de vapeur
Pompes à chaleur industrielles : IND-UT-137 révisée pour plus de sites éligibles
Les pompes à chaleur industrielles sont couvertes par le dispositif CEE depuis janvier 2025 via la fiche IND-UT-137, dédiée à la mise en place d’un système de PAC en rehausse de température de chaleur fatale récupérée. Elle permet de financer les installations à compression de vapeur dont la source froide est constituée de chaleur fatale, pour couvrir des besoins de chaleur sur procédé, chauffage des locaux ou production d’eau chaude sanitaire.
La révision publiée au Journal officiel le 24 mai 2026 et applicable depuis le 25 mai élargit significativement le périmètre d’éligibilité aux primes CEE sur 4 points.
- Le seuil de puissance thermique passe de 2 MW à 5 MW (multiplication par 2,5), ouvrant le dispositif aux sites de taille intermédiaire jusqu’ici exclus.
- Les conditions sur la chaleur fatale sont assouplies : une disponibilité de 90 jours par an suffit désormais, là où une température continue sur l’année était exigée, ce qui intègre les sites à production saisonnière ou intermittente.
- La valorisation par fractions successives d’une même source de chaleur fatale est désormais possible.
- Le champ d’application s’étend aux extensions de sites et aux nouveaux besoins de chaleur, en plus des sites existants et neufs.
Chaudières électriques : une prime CEE enfin standardisée
Qu’est-ce qu’une chaudière électrique industrielle ?
Une chaudière électrique industrielle produit de la vapeur ou de l’eau chaude à partir d’énergie électrique, par résistances immergées ou par électrodes pour les très hautes puissances. Sans chambre de combustion, sans fumées ni gaz de combustion, elle affiche un rendement proche de 100 % en énergie finale contre 85 à 92 % pour une chaudière gaz. Elle peut produire différents types de vapeur selon les besoins du procédé : vapeur humide jusqu’à 140 °C, vapeur saturée entre 140 et 180 °C, vapeur sursaturée au-delà.
Quels procédés et quels secteurs industriels sont concernés ?
La chaudière électrique se substitue à la chaudière gaz ou fioul dans tous les procédés nécessitant de la vapeur ou de l’eau chaude : cuisson, pasteurisation, stérilisation, séchage, distillation, nettoyage de process. Elle est particulièrement adaptée aux configurations hybrides dans lesquelles elle prend le relais de la production de vapeur en période estivale, lorsque le prix de l’électricité est bas, tandis que la chaudière gaz intervient en pointe hivernale. Cette logique d’arbitrage optimise le coût d’exploitation tout en réduisant les émissions de CO2 sur l’année.
Les secteurs directement concernés sont l’agroalimentaire (cuisson, pasteurisation, stérilisation), la chimie et la pharmacie (distillation, séchage, réacteurs thermiques), la papeterie (séchage des fibres, vapeur de process), l’agriculture (serres, vaporisation des sols) et le textile (teinture, traitement des fibres).
Pourquoi la création d’une FOST CEE pour les chaudières électriques est-elle un changement structurant ?
Les chaudières électriques industrielles peuvent aujourd’hui faire l’objet de demandes CEE, mais uniquement via des opérations spécifiques, dont le montage est lourd, les délais longs et l’instruction incertaine. L’absence de fiche standardisée pénalise les industriels qui souhaitent s’engager : sans FOST, pas de prime rapide, pas de démarche simplifiée, pas de visibilité sur le montant de l’aide. La publication d’une fiche dédiée en juillet 2026 change radicalement la donne en ouvrant un accès direct, fluide et prévisible aux primes CEE pour tous les industriels concernés.
En résumé : une chaudière électrique industrielle remplace la combustion par l’électricité, avec un rendement proche de 100 % et zéro émission directe sur site. C’est aujourd’hui l’une des substitutions fossile-électricité les plus directes et les plus rapides à déployer dans l’industrie.
Compresseurs de vapeur : une prime CEE prévue pour octobre
Qu’est-ce qu’un compresseur mécanique de vapeur (CMV) ?
Le compresseur mécanique de vapeur (CMV) est une technologie de récupération d’énergie. Son principe : la vapeur fatale produite par un procédé industriel est captée, comprimée mécaniquement pour être rehaussée en température et en pression, puis réinjectée comme source de chaleur dans ce même procédé. Le compresseur est entraîné par un moteur électrique piloté par un variateur de fréquence, ce qui permet d’ajuster la capacité de 30 à 100 % selon les besoins en temps réel.
Le coefficient de performance (COP) d’un CMV peut atteindre entre 5 et 30 selon les applications, ce qui représente une consommation d’énergie 7 à 50 fois inférieure à celle d’un chauffage conventionnel par vapeur de chaufferie. Un CMV permet en outre jusqu’à 30 % de réduction des émissions de CO2 sur un site industriel.
Quels secteurs industriels peuvent bénéficier des primes CEE pour les CMV ?
Le CMV est particulièrement adapté aux procédés mettant en œuvre de l’évaporation, de la concentration ou de la distillation de liquides. Les secteurs les plus concernés sont l’agroalimentaire (concentration de jus, lait, sirops, traitement des lactosérum et effluents), la chimie et la pétrochimie (distillation, concentration de solvants), le traitement des effluents industriels, la papeterie (concentration des liqueurs de cuisson) et l’industrie sucrière (concentration du jus de betterave ou de canne).
Pourquoi la création d’une FOST CEE pour les CMV est-elle décisive ?
Comme pour les chaudières électriques, les CMV peuvent aujourd’hui être soutenus par les CEE mais uniquement via des opérations spécifiques, dont la complexité administrative et les délais d’instruction freinent considérablement le passage à l’acte. La publication d’une FOST dédiée annoncée pour octobre 2026 va standardiser la démarche et démocratiser l’accès aux primes CEE pour cette technologie à fort impact, encore sous-déployée dans l’industrie française.
En résumé : un CMV valorise l’énergie déjà présente dans la vapeur fatale d’un procédé, sans combustion, avec un COP pouvant atteindre 30. C’est l’une des technologies de décarbonation industrielle à meilleur rapport investissement/économies d’énergie disponibles aujourd’hui.
Sonergia, partenaire CEE des industriels engagés dans l’électrification de leurs procédés
Le plan d’électrification du gouvernement confirme une dynamique que Sonergia accompagne depuis plusieurs années au service des industriels : les CEE constituent le levier de financement le plus accessible et le plus rapide pour les projets d’efficacité énergétique et d’électrification des procédés.
L’entrée en 6e période CEE, combinée à la publication de nouvelles FOST industrielles tout au long de 2026, ouvre une fenêtre d’opportunité concrète. Pour les industriels, c’est le moment d’identifier les projets éligibles et d’anticiper les dossiers. Pour les prescripteurs, bureaux d’études et installateurs spécialisés, c’est l’occasion de structurer une offre d’accompagnement à valeur ajoutée en s’appuyant sur un délégataire CEE expert.
Sonergia accompagne les industriels et leurs partenaires à chaque étape : identification des projets éligibles, valorisation des économies d’énergie, montage des dossiers CEE et optimisation des primes.
Comme le Gouvernement s’y était engagé, la révision favorable de la fiche IND-UT-137 a été publiée dès le mois de mai. C’est de bon augure pour les deux autres fiches attendues d’ici octobre. Dans un contexte international marqué par une forte compétitivité industrielle et des tensions persistantes sur l’énergie, les entreprises françaises ont plus que jamais besoin de ces leviers de financement. Les CEE sont un outil concret, opérationnel dès aujourd’hui, pour accompagner l’électrification des procédés.
Florence Lievyn, Responsable des affaires publiques
Votre site est concerné par une ou plusieurs de ces technologies ? Nos équipes peuvent évaluer votre éligibilité CEE et estimer le montant de votre prime, avant même la publication des nouvelles fiches.
Nos réponses à vos questions
Quelles aides CEE existe-t-il pour électrifier les procédés industriels en 2026 ? |
|
Le dispositif CEE couvre aujourd’hui les pompes à chaleur industrielles valorisant la chaleur fatale (fiche IND-UT-137, révisée et applicable depuis le 25 mai 2026). Les chaudières électriques industrielles et les compresseurs mécaniques de vapeur feront l’objet de nouvelles fiches standardisées publiées respectivement en juillet et octobre 2026, simplifiant considérablement l’accès aux primes pour ces équipements. |
Quel est l’impact du plan d’électrification du gouvernement sur les CEE industrie ? |
|
Le plan d’électrification du 23 avril 2026 place les CEE au cœur du financement de l’électrification thermique industrielle. Il prévoit la révision et la création de fiches standardisées pour les PAC industrielles, les chaudières électriques et les CMV, avec un objectif de 10 TWh/an électrifiés grâce aux seules pompes à chaleur industrielles. |
Mon site industriel peut-il bénéficier des CEE pour financer une pompe à chaleur industrielle ? |
|
Depuis le 25 mai 2026, la fiche IND-UT-137 révisée couvre les installations jusqu’à 5 MW thermiques (contre 2 MW auparavant), ce qui élargit significativement le périmètre des sites éligibles. La source froide doit être constituée de chaleur fatale disponible au moins 90 jours par an. Sonergia peut réaliser une analyse d’éligibilité sur votre projet. |
Peut-on cumuler les CEE avec les aides ADEME pour décarboner un site industriel ? |
|
Oui, sous certaines conditions. Les CEE et les dispositifs ADEME (DECARB-IND, AO GPID) peuvent être mobilisés sur le même projet dès lors que les dépenses financées sont distinctes. Sonergia accompagne ses clients dans l’optimisation de ces combinaisons de financement. |
